Le Plan Calcul

Le 19 Mars 2011 by Jac LouRéagir » • Partagez » Partagez cet article sur Facebook Partagez cet article sur Google+
Pub. IBM, revue Sciences, 1965.

  En 1965, dans la revue de vulgarisation scientifique Atomes (devenue 'La Recherche' en 1971), je vois pour la première fois le mot "cybernétique" (science constituée par l'ensemble des théories relatives au contrôle, à la régulation et à la communication dans l'être vivant et la machine - Le Robert -). Ce mot, bien que datant de la fin des années 40, n'a pas connu et ne connaîtra pas le même succès que le mot "ordinateur" et est tombé aujourd'hui dans l'oubli, du moins si on considère la fréquence avec laquelle on le rencontre dans les media. En novembre 2011 Google renvoie 466 000 résultats pour ce terme contre 22 100 000 pour 'ordinateur' (Yahoo ou Bing n'en renvoient que 155 000 environ contre 45 000 000). Au même moment le mot "informatique" commence à fréquenter les sommaires des mêmes revues.

 À la même époque, en 1966, le Président De Gaulle, conscient du retard que la France est en train de prendre, décide de créer une filière française de l'Informatique. Cette décision survient notamment après le rachat de Bull par l'Américain General Electric (G.E.); elle se concrétisera par le lancement du "Plan Calcul" (M. Robert Galley est nommé Délégué Général à l'Informatique). Le Journal Officiel entérine à cette occasion le mot "Informatique". L'année suivante, le 29 août 1967, verra la création de l'IRIA (Institut de Recherche en Informatique et en Automatique) pendant que G.E. détruit lentement Bull.

Pub., Sc. Prog. Découverte, 1971

 Quelques temps plus tard, en 1970, j'achète ma première revue d'informatique, un grand format nommé l'informatique, publié par Dunod (éditeur également de Science Progrès Découverte). Il s'agissait d'une revue apparemment destinée d'une part aux cadres d'une profession en plein essor et d'autre part, peut-être, à créer des vocations. J'y ai découvert des techniques, mais aussi du rêve. Je me rappelle particulièrement une nouvelle (traduite de l'américain), racontant comment un informaticien transférait progressivement sa personnalité à l'intérieur d'une machine. Un vrai bon thème de Science-Fiction. Je crois que je prends conscience alors du fait que l'informatique naissante peut être le support d'une évolution étonnante de la société. Les technologies à l'honneur étaient les bandes magnétiques (les dérouleurs), les mémoires à tores, les cartes perforées.