Le cousin Louis Louvel, né à Ernes

Vendredi 26 Septembre, 2014 par adminRéagissez »Partagez » Partagez cet article sur Facebook Partagez cet article sur Google+
Prolégomènes. Cet article nécessite quelques explications liminaires qui pourront sembler une lourdeur à certains, c'est pourquoi je propose que leur affichage soit une décision laissée au lecteur. Cliquer pour afficher la suite ...

Une courte histoire de Louis Louvel

Louis est un cousin germain de mon grand-père Jules. C'est le troisième enfant de Pierre Anatole Louvel, le frère de Joseph Ernest Louvel, père de Jules. Voir l'Ascendance Louvel (clic).

Né à Ernes. Louis Robert Adrien Louvel est né à Ernes dans le Calvados. Selon le recensement de 1881, Ernes est un village de 424 habitants occupant une centaine de maisons réparties entre quelques hameaux. La population d'Ernes est plutôt décroissante puisqu'elle perd dix pourcents en une vingtaine d'années et ne dépasse plus 380 habitants au début du vingtième siècle (*).

Ernes, vue générale face au Nord
Ernes. Portion de carte d'état-major
établie entre 1835 et 1850 (© IGN).
Ernes. Portion de carte topographique
avec indication des lieux-dits (© IGN).

Depuis les années 1850, la famille Langlinay - Louvel, qui résidait auparavant à Laize-la-Ville et Saint-Pierre-sur-Dives, habite successivement dans les divers hameaux d'Ernes. À la fin des années 1870, la famille habite le "village de l'église". Anatole Louvel, l'aîné des garçons, a remarqué Valentine Botrel parmi les filles du village. Elle habite au hameau de la Carrière. Ils se marient à Ernes le 16 août 1878 et s'installent au hameau de la Cavée (*). Ils ont déjà deux garçons, l'un âgé de 4 ans et l'autre de 2 ans quand Valentine y donne naissance à Louis, le 10 mai 1883. Celui-ci est donc l'aîné de mon grand-père Jules d'un an et demi.

Ernes. Deux des lieux-dits du village.

Orphelin de mère. Louis a tout juste trois ans quand sa mère Valentine Botrel meurt, le quatorze mai 1886. La ou les raisons du décès de Valentine ne me sont pas connues. L'hypothèse d'un accident reste possible, mais rien de semblable n'est mentionnée dans on acte de décès. D'autre part, à cette date, on ne trouve pas de déclaration d'une naissance ou d'un enfant mort-né, donc le décès n'est sans doute pas lié à un accouchement qui se serait mal passé. Une épidémie de choléra, provoquant des décès rapides, a bien frappé l'ouest de la France, pendant les années 1881-1886, mais il serait très surprenant qu'une seule personne en soit atteinte dans une famille.

Au fil des recencements.

En 1886, le recensement situe la famille au hameau de la Croix. Louis est enregistré sous son deuxième prénom, Robert, qui était sans doute son prénom usuel. Nous continuerons cependant à l'appeler Louis entre nous. Le père de Louis, Pierre Anatole, exerce alors la fonction de cantonnier à Ernes, comme il l'a précisé également un an plus tôt, le dix avril 1885, lorsqu'il a déclaré la naissance de Léonie Marie, la sœur cadette de Louis. Auparavant, Pierre Anatole s'était successivement présenté comme ouvrier charpentier lors de la naissance de son aîné Joseph Pierre Hippolyte, le douze juin 1879, puis maçon lors de la naissance de son deuxième fils Henri Marius Gustave, le vingt-trois juin 1881. Après la mort de sa femme, le père ne peut sans doute pas s'occuper seul de ses quatre enfants. Il peut heureusement compter sur l'aide de sa mère Louise Langlinay qui habite avec lui. La mère de Louise Langlinay, Marie Jeanne Clérisse, qui vivait aussi avec eux au hameau de La Cavée (*), est décédée à l'âge de 82 ans et 3 mois, le douze janvier 1882, donc avant la naissance de Louis.

Ernes. Recensement de 1886 hameau de La Croix.
La famille vient de perdre Valentine Botrel, la femme d'Anatole.
Voir aussi les recensements de 1896 et 1906

En 1891, Louis a huit ans et il habite dans le Bourg avec son père Anatole, ses frères Pierre et Gustave et sa sœur Léonie. Le recensement ne précise pas qu'il est écolier, mais depuis les lois Jules Ferry en 1882, l'école est obligatoire de 6 à 13 ans. Grand-mère Louise Langlinay, qui a bientôt soixante-dix ans, travaille toujours "au ménage" pour la famille, mais elle décèdera le 24 septembre 1894, âgée de 72 ans et deux mois, alors que Louis a déjà 11 ans.

En 1896, la famille a déménagé dans une maison située sur la route de Mézidon-à-Falaise qui traverse Ernes du Nord au Sud. Louis a treize ans et, selon le recensement où il est toujours noté avec son deuxième prénom Robert, il ne travaille pas - il est peut-être encore à l'école, 13 ans étant, à l'époque, l'âge du certificat d'études primaires.

Ernes. Vue générale depuis les hauteurs à l'Est.
On distingue l'Eglise à l'arrière plan, à droite.

En 1901, lors du recensement suivant, la famille a éclaté. Louis Robert, qui a dix-huit ans, est sans profession. Il vit toujours route de Mézidon-à-Falaise, mais dans la maison voisine de celle de son père, chez Victoria Colas, 49 ans, et Émile Auger, 50 ans, tous deux journaliers. Il est à noter qu'il peut aussi s'agir tout simplement d'un oubli du recenseur qu'il "rattrape" en portant Louis à l'effectif de la maison suivante. Ses frères aînés, Pierre (Joseph Pierre Hippolyte), 21 ans, journalier, et Gustave (Henri Marius Gustave), 18 ans (?), couvreur, vivent dans une autre maison située route de Vendeuvres au Haut d'Ernes (*).

On note que pour Gustave, l'âge indiqué dans le recensement ne correspond pas son l'âge réel puisqu'il est né en 1881 et qu'il a donc non pas 18 mais 19 ou 20 ans. Est-ce une dissimulation en vue d'échapper au recensement militaire ? S'agit-il plutôt d'une simple approximation de celui qui répond en l'absence de l'intéressé ? Une dernière possibilité est que l'agent recenseur a fait une erreur. Toujours est-il qu'au recensement de 1906, Gustave est noté encore une fois de façon erronée comme étant né en 1880, donc en principe dégagé de l'obligation militaire...

En 1906, Louis Robert est journalier, c'est à dire qu'il se loue à la journée pour les travaux agricoles. Tous les enfants sont de nouveau réunis sous le même toit à Ernes, au hameau du Fossard, sur la route de Maizières, avec leur père et une "amie", Marie Boucher, journalière, née à Caen en 1878. De qui est-elle l'amie ? Ce n'est pas précisé, mais en 1911 elle est toujours au même domicile que le père Louvel Pierre Anatole, au hameau du Fossard, et est enregistrée comme étant une cousine. Une tante de Pierre, Clémence Sauton, veuve Hyver, née en 1833 à Ernes, réside également avec eux alors que les fils sont partis.

La page suivante vous raconte comment Louis a satisfait à ses obligations militaires de Falaise à Verdun. Suite : cliquer sur 2.

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