Chaîne des puys : le Clersoux (Clierzou)

Le 30 Juillet 2011 par 36 retours » • Partagez » Partagez cet article sur Facebook Partagez cet article sur Google+
Chaîne des puys : le Clersoux (Clierzou)
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Le puy de Clersoux (Cliersou, Clierzou, Clierzoux - voir le commentaire d'Alain le 10/01/2015), culminant à presque 1200 m d'altitude, est un petit cousin du Puy de Dôme. C'est en effet, comme ce dernier avec lequel il voisine, un volcan qui a connu au moins un épisode explosif violent au cours d'une histoire un peu compliquée. Selon une étude ancienne par Aimé Rudel1, on observe d'abord une montée magmatique incomplète, la lave trachy-andésitique très visqueuse n'atteignant pas l'air libre. Puis une émission explosive de cendres fait sauter le bouchon de lave qui s'est formé précédemment. Enfin une montée de lave trachytique s'infiltre dans les cendres et les solidifie. Le magma de nature trachy-andésitique finit par s'exprimer à l'est et au sud-est et donne la roche claire, massive et bien cristallisée que nous voyons. La roche ainsi formée, est rugueuse et souvent légère, voire même friable. Dans une étude assez récente sur la chronologie des activités dans la Chaîne des puys, les chercheurs de l'université de Clermont-Ferrand donnent un âge d'environ 11000 ans au Cliersou (Miallier et coll., 2005).

Sur la photo du Clierzou (en haut), prise depuis le sommet du Puy de Côme, situé plus à l'ouest, on reconnait son aspect typique en forme de dôme qui lui donne une ressemblance assez frappante avec le Grand Sarcoui. À l'évidence, il n'y a aucun cratère à son sommet où on ne voit que de l'herbe parfois broutée par des moutons comme sur le sommet du Grand Sarcoui. La roche, de couleur gris clair, un peu bleutée ou brune, est une trachy-andésite, voisine des laves trachytiques constituant le Puy de Dôme, le Petit Suchet, le Grand Sarcoui ou la Chopine. Des spécialistes écrivent que la lave du Clierzou est une benmoréite (contenant des amphiboles mais pas de biotite). Elle ne s'est pas écoulée - il n'y a pas de coulée de lave - mais elle a formé un dôme en se solidifiant sur place. À l'est, à l'arrière plan (sur la gauche de la photo), on distingue la pente sommitale du Pariou et à droite on devine la Limagne de Clermont-Ferrand dans la brume estivale.

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Juste sous le sommet on aperçoit une partie un peu plus abrupte où la lave n'est pas couverte par l'herbe. Sur le flanc sud (à droite), au niveau de cette portion dénudée, on trouve des "grottes". Elles sont détaillées dans les photos qui défilent ci-dessus. Ce sont en fait d'anciennes carrières d'où l'on a extrait une partie du matériau ayant servi aux Romains à l'édification, au cours du 2ème siècle, du temple de Mercure situé au sommet du Puy de Dôme. On trouve également des "grottes" (d'anciennes carrières ) sur le volcan voisin situé à l'ouest du Clierzou, le Petit Suchet et aussi sur le Grand Sarcoui, situé plus au nord et à l'est, près de la faille de Limagne.

Misa à jour en novembre 2016 pour répondre à mes visiteuses exigeantes ;)

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Prise de vue en août 1971, pellicule Kodak Ektachrome 35 mm, appareil Zeiss Contarex SE, objectif de 135 mm.

[1] Les volcans d'Auvergne, Aimé Rudel, Éditions Volcans, 1962.