Mes vieux ordinateurs personnels au musée de l'informatique

Le 15 Novembre 2011 par 4 retours » • Partagez » Partagez cet article sur Facebook Partagez cet article sur Google+

J'ai commencé à m'intéresser à l'informatique dans les années 1960. Bien sûr, j'ai eu très vite envie d'avoir un micro-ordinateur. J'ai satisfait cette envie dès la fin de la décennie 1970 du point de vue professionnel et c'est quelques années plus tard, au début des années 1980, que j'ai pu acquérir mon premier ordinateur personnel. J'ai suivi ensuite l'évolution de la technologie en renouvelant mes machines. Cependant j'ai toujours eu du mal à me débarrasser des machines dépassées et elles se sont accumulées dans ma cave où elles ont été rejointes par quelques ordinateurs, provenant du laboratoire où je travaillais, et que je ne pouvais me résoudre à transformer en déchets. Se sont ajoutées également des machines que ceux qui connaissaient ma manie me confiaient. Aujourd'hui il était temps d'essayer de sauver tout ce beau monde et je remercie le Musée de l'informatique d'avoir accepté de recueillir mes "antiquités".

Je reviendrai plus tard en détail, dans le blog "Mon histoire de l'informatique", sur les matériels que j'ai donnés au Musée et dont la liste figure plus bas. J'insisterai par contre un peu dès maintenant sur la machine avec laquelle j'ai travaillé au début des années 1980 et qui est sans aucun doute la machine la plus lourde (au sens propre) de celles que j'ai transférées au Musée de l'informatique. Dans la photo ci-dessous du poste d'expérimentation auquel elle appartenait, elle est malheureusement dissimulée derrière la blouse de l'expérimentateur (votre serviteur). Je n'ai pas d'autre photo de cette époque.

poste d'expérimentation en électrophysiologie
Ordinateur Symag Micromachine-2000
Un ordinateur MicroMachine 2000-1N de la société Symag (alors à Grenoble) pilotait mon poste d'expérimentation dans le laboratoire de recherche où je venais d'être recruté en 1981. Cette machine a été fonctionnelle à partir de la fin de l'année 1982. Elle comportait une carte mère avec un microprocesseur Z80-A (Zilog) à 4 MHz et 64 kB de RAM (mémoire vive); la mémoire de masse était composée de deux lecteurs de floppy (disquettes) de 8 pouces de diamètre et de 512 ko de capacité. Elle était équipée de cartes de la société Tecmar (Cleveland, Ohio, USA) pour l'acquisition de l'activité électrique des cellules nerveuses étudiées (carte de conversion Analogique - Numérique sur 16 voies en 12 bits TM-AD212) et pour la production des signaux de commande (horloges et carte Numérique - Analogique à 4 voies en 12 bits). Ces cartes étaient implantées sur le bus S-100 de la Micromachine, un standard de bus de la fin des années 1970. Un moniteur en ROM (mémoire morte) disposait des commandes nécessaires pour lancer, à partir d'un des deux lecteurs, le système d'exploitation CP/M 2.2 de Digital Research (Pacific Grove, California, USA), un autre standard de la fin des années 1970 qui allait être bientôt supplanté par le DOS de Microsoft présent sur les PC (Personnal Computer) d'IBM. Bien sûr, à part un assembleur Macro-80 et un compilateur Basic de Microsoft, les deux sous CP/M, aucun logiciel n'était fourni et de longs mois furent nécessaires avant que la machine soit productive.


 

Console graphique Phylec (UTC)
L'interface homme-machine était une console graphique Phylec (Université de technologie de Compiègne) qui, la place étant cruellement limitée dans notre laboratoire de recherche public, n'a pas pu être sauvegardée jusqu'à aujourd'hui... De la console, il ne reste donc que la photo ci-contre, où elle est utilisée par votre serviteur. Il reste aussi le souvenir de longues heures fébriles de programmation pour obtenir une représentation graphique des signaux neurophysiologiques enregistrés grâce à la carte d'acquisition Tecmar.

À partir de la fin des années 1980, la Micromachine a été remplacée par des ordinateur compatibles IBM PC de la marque Tandon (USA) complétés par des interfaces externes de conversion A/N et N/A de type 1401 de Cambridge Electronic Design (C.E.D., Cambridge, UK). Un de ces PC, Tandon PAC 386 équipé de 2 datapack (les premiers disques dur amovibles) avec lequel j'analysais mes données expérimentales à partir de 1989 a été également sauvegardé et transféré au Musée.

Voici la liste de mes autres matériels transférés au Musée :

  • Une console de jeu de type "pong" de marque Radofin de 1974. Elle comportait 4 jeux à raquettes. C'était mon premier contact réel avec un objet programmé.
  • Un double lecteur de disquettes externe H77 (disquettes de 5 pouces 1/4 soft-sectorisées de 160 ko). C'est tout ce qui me restait de mon premier vrai micro ordinateur acquis en 1981, un H89 de la marque Heathkit (oui, vous comprenez bien, il s'agissait d'un "kit" à assembler) que j'ai stupidement (et par manque de place) éliminé.
  • Un ordinateur MSX 64K Sanyo PHC-28L de 1984, équipé de 2 ports pour cartouches de jeu. Dans les années 1985 et suivantes, je me suis laissé séduire par ces petits ordinateurs ludiques de type MSX. Pour les enfants de ma famille et pour le grand enfant que j'étais, j'avais aussi acquis deux Philips VG 8020 qui ont déjà terminé leur vie à la déchetterie.
  • Un ordinateur MSX SpectraVideo Xpress de 1986, avec lecteur de disquettes inclus (autre photo (clic)). Il ne manquait qu'un écran à cette machine pour qu'elle soit un vrai "portable"; mais à cette époque il fallait encore brancher la chose sur la prise d'antenne d'une télévision.
  • Une cartouche pour MSX : Music Module de Philips
  • Un bras robot 5 axes QuickShot RobotArm SVI 2000 (1985-86) qui a complété les ordinateurs MSX, permettant d'expérimenter le contrôle des robots par des commandes programmées.
  • Un IBM Portable PC Model 55-0040B fabriqué le 28/05/1984. Il a servi de super oscilloscope de terrain à un ingénieur. Devenu obsolète dans les années 1990, il m'a été confié.
  • Un micro-ordinateur Epson PX-4 de la fin des années 1980, qui avait été utilisé pour faire de la comptabilité et qu'on m'a cédé lors d'un renouvellement de parc informatique.
  • Un ordinateur Amstrad PPC 640 de 1988, qui était transportable bien qu'un peu lourd. Son écran monochrome de dimension réduite ne permettait cependant pas de faire confortablement du traitement de texte ou du tableur, programmes disponibles avec le système.

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